Cuit-Cuit » 2010 » novembre

le quizz du dimanche

dimanche nov. 28, 2010

Tiens, j’avais manqué cette info… Elle date d’il y a trois jours. Mais j’étais où, moi, ces trois derniers jours? Je faisais quoi, pendant que le vin était déclaré « boisson nationale »?

Précision pas inutile (et qui permet accessoirement de mettre mon retard sur le compte du décalage horaire) : ça se passe en Argentine, cette histoire. Cristina Kirchner, la présidente, a même poussé le bouchon (fallait que je la fasse, désolé) plus loin: « La viticulture n’est pas seulement une activité économique, elle est aussi liée à l’identité et à la culture d’un peuple. »

(Relis ça lentement, lecteur: « l’identité et la culture d’un peuple ».)

Maintenant qu’on s’est un peu pris le chou, il est de temps de se détendre. Après tout, on est dimanche.

Jouons donc à Poursuite Triviale. Prêts? Dans quel pays récemment mis à l’honneur par l’Unesco avez-vous entendu un dirigeant politique de premier plan sortir une phrase du même tonneau (désolé, une fois de plus)?

S’agit-il: a) du Mexique; b) de la Croatie; c) de la France?

Vous séchez? Moi aussi.


tolmer à voir (et à boire)

vendredi nov. 26, 2010

L’immense affichiste-débouchonneur Michel Tolmer (qui ne m’en voudra pas de continuer à le poursuivre depuis tant d’années pour faire son portrait, ce qu’il refuse avec une modestie aussi constante qu’acharnée) expose à partir de ce soir, vendredi 26 novembre, une nouvelle série de toiles au Bistrot Paul-Bert — pfff, tellement connu que même pas vous avez besoin de l’adresse. Hier soir, après un filet au poivre entre le bleu et le saignant, j’ai eu la chance d’en découvrir quelques-unes, et j’ai amèrement regretté de ne pas avoir plein de monnaie pour tout embarquer.

Si vous ne connaissez pas Tolmer, il raconte des histoires d’hommes et de bouteilles en quelques mots (et jeux de) ici.

Et si, comme tous ceux qui aiment le jaja nature et les gens qui le font, vous rêvez d’avoir chez vous sa fameuse affiche dite « Épaulé, Jeté », préparez 15€ et allez vous faire boire chez les Breton.

Que Michel Tolmer veuille bien m’excuser une fois de plus d’avoir parlé de lui, et de lui avoir fait une pub éhontée alors qu’il n’aime pas ça (et n’en a pas besoin).

PS: pour de vrai, le vernissage est à partir de 18h ce vendredi, au 18 de la rue Paul-Bert (et c’est pas dans le 18e arrondissement, mais dans le 11e, et à Paris, cette question).

PS2: à mon humble avis, toutes les toiles seront parties d’ici demain soir.

PS3: si vous voulez m’en offrir une, repérez celle où un type discute le bout de gras (?) avec une bouteille habillée (?) en… fille de joie.


a minima

vendredi nov. 26, 2010

« On n’a pas encore de nom, mais c’est déjà très bon », lit-on sur la fenêtre du site ultra-minimaliste du tout nouveau « 31, rue de Paradis », où est installée depuis peu Kaori Endo. (A moins que ce ne soit un hommage low tech à la décroissance, ce qui n’est pas exclu.)

Sept timbres-poste en guise de photos, l’adresse, un mail, des horaires et un bout de téléphone: si ça vous tente (j’ai entendu dire que ça n’était pas cher et pas mauvais du tout, mais je n’y suis pas encore allé), un clic et zou.


le génie français

mardi nov. 23, 2010

Je découvre en ce moment les joies du blog: pouvoir, par exemple, écrire deux mots, fût-ce around midnight, sur un petit quelque chose qui vient de se produire. Non, je ne sors pas d’un restaurant. Non, je n’ai hélas pas mis la main, ce soir, sur le futur Pascal Barbot. J’ai simplement participé à un débat sur le fameux classement par l’Unesco du « repas gastronomique des Français », sur France3, chez Frédéric Taddeï.

Il y avait là Alain Senderens, la journaliste Pascale Tournier (mentionnée en passant dans un précédent post), Yann Queffélec, Christian Millau, Guy Savoy et Beatrix de l’Aulnoit, qui vient de publier, chez Fayard et avec Philippe Alexandre, Des Fourchettes dans les étoiles, Brève Histoire de la gastronomie française, que je n’ai pas encore eu le plaisir (?) de lire.

Deux mots, donc. Deux mots, simplement. « Génie français ». J’ai entendu cette expression à de nombreuses reprises pendant le débat, venant du « camp d’en face » — celui dont je ne faisais donc pas partie ce soir puisque j’avais été classé du côté des « opposants » au projet. (Nuance: je suis par principe pour tout ce qui est contre, et contre tout ce qui est pour. Ou, pour reprendre Coluche, ce classement de l’Unesco, je ne suis ni pour, ni contre, bien au contraire.)

Le « génie français. » J’en suis resté comme deux ronds d’un flan dont la date limite de consommation aurait été à chercher du côté du 14 avril 1933. Le « génie français ». En 2010. Au moins, j’ai compris un truc: le « repas gastronomique des Français », c’est quand le « génie français » passe à table. Et qu’on évoque avec des sanglots dans la voix, entre l’apéritif, l’entrée, le poisson, la viande, le fromage, le dessert et le digestif les coquilles Saint-Jacques d’Erquy ou les volailles de Bresse, fleurons, parmi tant d’autres, de notre « génie français ». J’exagère certainement, mais j’ai l’impression de feuilleter Tintin au Congo, quand j’entends des choses comme ça. Et je me dis que la prochaine fois, à l’occasion d’un autre débat, on aura certainement droit à la « mission civilisatrice » ou quelque chose du genre. Le « génie français »… Franchement…

Et le plus formidable, c’est que les partisans de ce classement font tous profil bas, s’affichent modeste de chez modeste: « Mais non, la France n’est pas dans une posture arrogante, mais non, on sait bien qu’il y a d’exxxxxxxcellllllentes cuisines en dehors de la nôtre, mais oui, il faut tout faire pour promouvoir l’intégration des différentes cultures, mais bien sûr que la France a tant à apprendre de ses voisins et de ses communautés, mais évidemment qu’il y a des produits formidables ailleurs, ah mais je n’ai pas dit qu’il n’y avait pas de culture gastronomique en Italie!… »

Certes. Evidemment. Bien sûr. Naturellement. Mais le « génie français », ça, coco, on est les seuls à l’avoir. Au fait, on a pensé à demander à l’Unesco de nous le classer, celui-là?


le Café des connards

dimanche nov. 21, 2010

En navigant un peu au hasard dans les archives du site de Courrier International, l’autre jour, j’ai remis la main sur ce papier assez hilarant signé du Daily Shame, sorti en début d’année. « La grossièreté, voilà notre tradition, et les gens viennent de loin pour y goûter. J’adore mon métier, et je hais mes clients. » C’est le chef de salle des Connards qui le dit. Et ce n’est pas le fameux critique Julien Mesfesses (sic, quand même!) qui trouve à y redire.

Pour ceux qui veulent la version originale, c’est ici.


Unescocorico! (suite et pas faim)

dimanche nov. 21, 2010

Quelques petites lignes de réaction, vite fait, après l’Annonce.

Si j’ai bien lu mes dépêches d’agences de presse, le « repas gastronomique des Français » fait donc désormais partie du patrimoine immatériel de l’humanité, au même titre — je reste dans le registre de ce qui s’ingère, se pense, se transmet, se cultive — que la diète méditerranéenne ou le pain d’épice croate (mais, bizarre, on n’en a pas vraiment entendu parler, chez nous, de ces inscriptions-là).

En fait, je n’ai pas encore fini de digérer tout ce que j’entends, lis, vois. Je n’ai pas encore fini de m’interroger sur le silence de certains « grands noms » (mettons Alain D., de Monte Carlo, dont on aurait pu attendre quelques mots, même prudents, sur le sujet).

Je n’ai pas encore terminé Dans les Cuisines de la République, de Pascale Tournier et Stéphane Reynaud (Flammarion, 20€), dans lequel il y a un paquet de choses intéressantes à lire sur le drôle de rapport de nos politiques aux questions d’alimentation et de gastronomie. C’est un excellent résumé des épisodes précédents, avec quelques anecdotes aussi fraîches que nauséabondes.

En fait, je ne sais même pas quoi en penser (je me comprends!), de ce barnum gastro-politique, sinon qu’on a tous énormément de pain sur la planche: journalistes, chefs, auteurs, enseignants, ethnologues, historiens, philosophes, politiques, géographes, sociologues, au bulot!

Sinon, on risque une nouvelle fois de se faire tancer (au hasard!) par nos amis les Anglais: même si le « french bashing » est un exercice de style hilarant dans lequel ils excellent,  vous avouerez que tout n’est pas faux dans ce qu’écrit le Daily Telegraph et que nous livre Courrier International. Non? (Mince, on va encore dire que j’ai mauvais esprit. Ça a du m’échapper, mille excuses.)

PS: cette vidéo accompagnait apparemment la présentation du dossier de candidature français. Quand je vois les images censées illustrer ce qui fait le « repas gastronomique des français », je me pose plein de questions. Et je rigole un peu. Pas vous?

PS2: « Sur beaucoup de choses, la primauté de notre cuisine nationale, les vins, etc., les Français sont persuadés de détenir la vérité. […] C’est le coq au vin qui fait lever le soleil ! Les étrangers sont des sauvages, qui mangent n’importe quoi — des insectes, des asticots. » C’est signé Henri Gault et Christian Millau, dans Gault et Millau se mettent à table, et c’était, de mémoire, en 1976.