Cuisine à la mandoline et autres joyeusetés

samedi juin 15, 2013

tableau conservé au musée d'Orsay, reproduit dans "À la table de Manet", éditions du Chêne, 1996

Eh bien non, une seule asperge posée sur une assiette, ne fait pas un plat. Aussi bonne soit-elle…  Et qu’elle soit parsemée d’herbes « sauvages » n’ajoute malheureusement rien à l’affaire. Au contraire! C’est pourtant ce qui m’a été servi dans un restaurant encensé par la critique et dont je tairai le nom: d’abord parce que ce billet n’est pas une critique au sens où on l’entend habituellement, ensuite parce que cet échantillonnage donnerait plutôt envie d’aller plus loin (d’où les louanges). C’est donc à cette mode qui devient ridicule que je m’en prends. Objectivement, cependant, il n’est pas sûr — et c’est le problème de cette cuisine et des menus dégustation en général — que cela tienne la route sur la distance. C’est donc doublement une cuisine de la frustration. Serait-elle aussi celle de l’impuissance? De l’incapacité d’imaginer des plats complexes qui puissent tenir l’imaginaire en éveil au-delà d’une bouchée?
On peut le craindre: toute cette cuisine que l’on pourrait qualifier de « cuisine à la mandoline » n’a peut-etre pas grand-chose à dire au-delà de ce que montrent ses assiettes. C’est joli, c’est amusant, et on passe — vite — à autre chose.

D’où, peut-être, l’intérêt des plantes sauvages: à défaut d’apporter véritablement quelque chose (d’ailleurs, on les met toutes), elles retiennent l’attention. Où donc les cuisiniers parisiens trouvent-ils donc toutes celles qui parsèment leurs plats? Entre quels pavés (qui n’existent plus)? Dans quelles pelouses de squares? Et comment fait-on en hiver? Perdu au fin fond de l’Aubrac, cela se conçoit. Voire même à Copenhague… Mais à Paris? Toute cette cuisine des herbes coriaces et des fleurettes sans plus aucune justification, mises là simplement comme signes de la nature, devient lassante. Quand passera-t-on, enfin, à autre chose?

7 commentaires »
Paule:

Est-ce que c’était au moins une grosse asperge ?

juin 15th, 2013 | %H:%M
collargol:

il faudrait tout de même prévenir la population avec une adresse.. histoire de ne pas sombrer nous même dans l’arnaque ..

juillet 2nd, 2013 | %H:%M

Il semblerait que je sois le seul à penser comme cela: la critique est globalement dithyrambique et on peut considérer qu’on en a pour son argent si l’on se satisfait d’une collection d’échantillons… Ce qui peut suffire à nourrir, mais qui ne me comble pas.

juillet 2nd, 2013 | %H:%M
Eva:

TABLE ?

juillet 4th, 2013 | %H:%M

Balancez des noms :) !! Non je sais que ça ne se fait pas, mais peut-être qu’en lisant des critiques d’un gastronome comme vous, ce restaurant se remettrait-il en question. Il faut se méfier des gens qui recommandant un restaurant, surtout à Paris, ville dans laquelle les prix montent vite ! De plus, ces prix ne justifient pas forcément la qualité, mais plus la mode, car « ça fait bien » de raconter à ses amis qu’on a mangé à telle ou telle table, mais au final vous noterez que les restau les plus chers sont souvent les moins copieux, et tout ce qu’on va payer c’est l’originalité du temps de cuisson ou de la sauce utilisée sur une pauvre asperge. Mais on mange rarement à sa fin dans les restaurants « réputé », de ce que je constate ! Je suis plutôt tendance à essayer les restaurants inconnus au bataillon, parfois ça réserve de très belles surprises !

juillet 16th, 2013 | %H:%M

super blog merci pour les tranches de bonne humeur.

octobre 25th, 2013 | %H:%M

tranches coupées à la mandoline bien sûr, mais on n’est pas obligé de la régler sur ultra-fin!

décembre 3rd, 2013 | %H:%M
Laissez une réponse

Commentaire :