gastro, c’est trop

dimanche déc. 5, 2010

Visionnage avec un poil de retard, comme souvent, d’un bon petit reportage de derrière les fagots, diffusé récemment chez les Sœurs Sourire d’Envoyé Spécial. Ça s’appelle Restaurants: La gastronomie du micro-ondes, et c’est tout ce qu’on aime — caméras cachées, fouille des poubelles en fin de service, visites anonymes chez un grand nom de la distribution alimentaire qui n’aime pas qu’on lui fasse trop de pub (« Métro, c’est trop », hurlait Téléphone au XXe siècle, remember?), touristes japonais en pâmoison chez Chartier, Emmanuel Rubin face à un délicieux tartare qui sort du sachet, bref, un grand moment de pornographie gastronomique sur le service public.

Qui, ce faisant, fait impeccablement son boulot: rendre service au public. En lui disant qu’il lui arrive souvent de manger de la merde (voilà que je parle comme Coffe, tiens) ou qu’une bouillabaisse dans les règles de l’art peut lui être facturée 58€ (quoique?). En lui rappelant que son axoa sort d’une boîte de conserve et que c’est un sri-lankais bossant 60h par semaine qui le lui a réchauffé avec amour.

Vous dites? « Rien de nouveau sous le soleil »? Peut-être. Pour qui connaît un peu les arrière-cuisines ou se délecte chaque semaine des réclames de l’industrie agro-alimentaire dans la presse pro, rien de neuf, sans doute. Mais ça fait combien, au juste: 0,067% de la population française? Et les autres? Mettons ceux qui regardent le jité de France2 le soir où on annonce que le Repagastronomikdéfranssé a été classé au patrimoine immatériel de l’Unesco — ils en pensent quoi, eux?

Bon, on va la faire courte: un reportage à voir, à revoir, à re-revoir et à faire circuler. (Et n’oubliez pas de demander la prochaine fois à votre maître d’hôtel si la mousse au chocolat du chef est vraiment maison. Moment de détente en perspective.)

PS: comme vous m’êtes sympathiques, je vous donne la recette du saumon à l’oseille telle qu’elle apparaît dans le reportage. « Avec sauce déjà préparée, juste à chauffer. 3 minutes. »

PS2: comme le rappelle très justement le reportage, rien de ce qui est montré n’est illégal.

2 commentaires »
jean-louis:

Bonjour,
Comme vous j’ai vu ce reportage et partage votre jugement. comme déjà écrit chez un autre bloggeur, la « culture » française fait croire à chacun qu’il a le meilleur boucher, le meilleur poissonnier etc même quand ils achètent tout en grande distribution. Le seul problème de ce genre de reportage est sa globalisation. on laisse à penser que tous les restaurateurs sont ainsi et cela dévaloriseent les vrais « gaulois » grands cusiniers, je ne pense pas aux plus renommés mais aux Paquin, Camdeborde, Breton, Faucher, Bach, San Pietro et cie. Oui, les marketeurs ont gagné, quand on imgine que Léonidas ext considéré par beaucoup comme du Luxe, Linxe, Marcollini, Henri Leroux, Genin et consorts doivent fondre de rire jaune. Il y a aujourd’hui 8% de consommateurs qui sont prêts à faire 50kms pour trouver un boucher ou autre artisan de bouche, encore un petit coup de dioxyne et nous serons 10%. Et là je parle de goût pas de santé. Bref, moi qui vous prenais pour un Dandy de grand chemin vous êtes effectivement un papille de la nation.
merci de nous transmettre votre savoir et votre impertinence indispensable.

décembre 6th, 2010 | %H:%M
Amandine:

Ayant vu l’émission en retard je partage vos deux points de vue. Bien sûr il faut toujours prendre ces reportages avec des pincettes, mais le côté alarmistes de toutes ces données et « révélations » balancées à un rythme soutenu les unes à la suite des autres troublent la simple cliente que je suis. Comment ne pas entrer dans un restaurant sans appréhensions, juste par plaisir ? Et une fois l’assiette devant mes yeux, comment être complétement rassurée sur leur provenance ? D’ailleurs vous-même Sébastien, arrivez-vous à coup sûr à reconnaître un plat industriel ?
Et puis il y a une sorte de mode dans ces reportages, souvent en fonction des saisons, regardez en période de fête toute les enquêtes concernant des foies gras douteux par exemple, un reportage qui revient chaque année. Mieux encore, ce qui semble la cible préférée des journalistes : les resto Chinois auxquels se mélangent souvent les kébabs et autres snack, avec une foison de contrôles d’hygiène écoeurants. Je me souviens avoir lu à cette époque un article annonçant la baisse de fréquentation de ces établissements.
A quand une émission pour nous aider à reconnaitre le vrai fait maison à travers de bonnes petites adresses, et non pas le traditionnel reportage sur les arnaques gastronomiques.

décembre 6th, 2010 | %H:%M
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